Économie agricole : Une exploitation sur trois dans le Massif central fragile face aux aléas

Sur les 18 000 comptabilités analysées, une sur trois fait état de résultats économiques dégradés et de réserves financières limitées. Sur les 18 000 comptabilités analysées, une sur trois fait état de résultats économiques dégradés et de réserves financières limitées. FOTOLIA

Le CER France Alliance Massif central a présenté des chiffres qui en disent long sur la crise que traversent les agriculteurs en 2016, année du paroxysme des difficultés…

De la crise agricole qui sévit depuis bientôt deux ans, le réseau des CER France du Massif central (Cantal, Allier, Haute-Loire, Puy-de-Dôme et Lozère) retient qu’elle est protéiforme, qu’elle ne fragilise pas à la même échelle toutes les exploitations, qu’elle sévit en priorité dans les exploitations techniquement plus faibles que la moyenne et moins autonomes, notamment du point de vue de l’alimentation du troupeau. Mais, ce que les conseillers ont mesuré au travers de la base de données des 18 000 comptabilités, ce sont les dénominateurs communs des exploitations qui, malgré les soubresauts des marchés, résistent. Technique, maîtrise des coûts à tous les étages, autonomie fourragère, contractualisation, segmentation… sont au rendez-vous des exploitations qui s’en sortent. De là à en déduire qu’il y aurait une recette miracle et que toutes ces exploitations dégagent un revenu significatif, pas si simple. 

Des critères de résistance
La valorisation par le prix reste l’élément déterminant. Et malheureusement, cette valorisation tarde souvent à abonder les trésoreries des producteurs. “Nous avons montré par le passé notre capacité à nous adapter aux contraintes et au modèle économique”, explique le président du CER France Alliance Massif central, Gilles Boyer. Mais quand les contraintes explosent, et que le modèle économique ne semble profiter qu’à une poignée, le risque est grand de finir par broyer littéralement les premiers maillons de la chaîne alimentaire.
Selon le baromètre du CER France, dans le Massif central, une exploitation sur trois a une capacité de résistance aux aléas très fragile. En cause : des réserves financières et des résultats économiques dégradés. “Il devient urgent pour ces entreprises de remettre en question leur fonctionnement car la volatilité des marchés accélère aujourd’hui les difficultés”, résume Nathalie Velay, coordinatrice de l’Alliance Massif central. A contrario, 41 % des entreprises du territoire sont en mesure d’appréhender les changements conjoncturels et les politiques sereinement. “Elles présentent à la fois une situation financière saine, un endettement raisonnable et une capacité d’autofinancement qui peuvent leur permettre de s’adapter plus facilement aux changements”, poursuit-elle.
Si on analyse les données plus précisément, on s’aperçoit que l’un des secteurs les plus endettés est celui des bovins viande charolais. Les exploitations allaitantes du bassin charolais utilisent en effet plus de 58 % de leur EBE pour couvrir leurs annuités. L’endettement moyen de ces entreprises atteint 250 000 €, soit 40 % de l’actif. Autant dire qu’avec la conjoncture compliquée, les charges engagées vont finir de plomber les trésoreries.

Se poser les bonnes questions
“L’agriculteur doit reprendre les commandes et adapter sa conduite en se posant les bonnes questions : quels marchés, quelles périodes de vente, à quel âge, quel poids et surtout à quel prix ? Quel est mon coût de production ? Quel est le niveau de charges engagées pour produire un kilo de viande ?”, sont autant de questions à se poser selon Yannick Berthier, du CER France Puy-de-Dôme Avenir. Dans le bassin rustique des bovins viande, le tableau est un peu plus contrasté. Malgré une progression des aides de la Pac d’environ 4 %, l’année a été difficile avec une baisse généralisée du prix des animaux et la sécheresse qui a nécessité des achats extérieurs de fourrages. On dénombre toutefois de grands écarts de résultats. Si l’EBE moyen/UTH est de 24 000 €, les écarts vont du simple au double entre le quartile inférieur et le quartile supérieur.
En bovins lait, le CER France n’hésite pas à qualifier 2015 “d’année noire”, avec une chute vertigineuse du prix du lait, de l’ordre de moins de 70 €/1 000 litres en deux ans. Le prix moyen sur huit ans a été de 330 €. Cette année, à la faveur d’une conjoncture plus favorable, le prix du lait devrait se redresser. “Selon les cycles, il y a donc une variation de plus ou moins 50 €/1 000 litres à gérer. D’où l’intérêt, face à une crise de conjoncture, de disposer de la liquidité pour y faire face”, poursuit Yannick Berthier.

La valorisation de produits, une des clefs du succès
En bovins mixte lait et viande, 49 % des exploitations avec une bonne situation, dégagent 536 € d’EBE/UGB alors que les entreprises dans le rouge atteignent 303 euros/UGB. “À conjoncture équivalente, certaines structures font preuve de résistance. Elles font principalement la différence sur une excellente valorisation des produits, la qualité du lait, le poids des broutards, la finition des réformes… Cela se traduit par 200 €/UGB de produits supplémentaires”, résume Nathalie Velay. En ovins, le produit d’exploitation augmente de 10 € par brebis, boosté par une augmentation de la productivité numérique (1,2 agneau par brebis et par an en 2015) et des aides Pac plus conséquentes. En ovins lait, les entreprises sont toujours performantes économiquement. Tirées par la valorisation de l’AOP roquefort avec un prix du lait payé 906 €/1 000 litres, les exploitations affichent une santé solide.


S. Chatenet

Évaluer cet élément
(0 Votes)

CERFRANCE Cantal

Logo PleinChamp

logo MétéoFrance

Météo

Nuageux

-1°C

Aurillac

Nuageux
Humidité: 92%
Vent: E-SE à 11.27 km/h
Jeudi
Averses
4°C / 7°C
Vendredi
SP_WEATHER_RAIN_AND_SNOW
0°C / 6°C
Samedi
Globalement nuageux
-1°C / 1°C
Dimanche
Globalement nuageux
-3°C / 1°C

Agenda

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
Aller au haut

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale ainsi que la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux.