Chevaux lourds : difficile pour les éleveurs de rester en selle...

Malgré l’érosion importante des effectifs des chevaux de trait ces dernières années, Roger Condamine veut encore croire dans l’avenir. Malgré l’érosion importante des effectifs des chevaux de trait ces dernières années, Roger Condamine veut encore croire dans l’avenir.

Filière équine : En l’espace de cinq ans, la production cantalienne de chevaux de trait a subi une forte érosion. Une décapitalisation que la demande italienne, toujours active, pourrait enrayer.

C’est une véritable hémorragie qu’a subie ces dernières années la production de chevaux lourds dans le Cantal, pourtant historiquement premier bassin français en termes d’effectifs. En effet, si sur la décennie 2000-2010, le cheptel de juments et poulinières est resté globalement stable (autour de 2 450 têtes selon les données des RGA), depuis, la décapitalisation a été intense comme le constate, impuissant, Roger Condamine, président du syndicat départemental des éleveurs de chevaux de races lourdes. Un syndicat qui a vu ses troupes maigrir comme peau de chagrin passant il y a cinq ans de 400 adhérents à environ 250 cet automne. Quant à l’écurie Cantal, il estime qu’elle a dû descendre en 2015 sous la barre des 1 200 têtes. Des chevaux élevés en complément d’un atelier bovin et pour l’essentiel, destinés, comme les broutards cantaliens, au marché transalpin.

Restent les plus motivés
“Les éleveurs qui sont restés sont les plus motivés, les plus passionnés”, constate celui qui a acheté sa première jument, une bretonne, Ninive, en 1978 pour 5 000 F (953 €), “le même prix qu’aujourd’hui...” “Même si ça passe derrière les bovins et que ça nettoie les parcelles, ça mange quand même une jument, il faut du terrain”, poursuit l’éleveur de Saint-Saury, aujourd’hui retraité.
En cause donc selon lui : la chute des cours et de la consommation de viande chevaline, des normes (de transport...) toujours plus contraignantes, mais aussi - et sans doute surtout - la destructuration de la filière notamment depuis la réorientation des missions du Haras d’Aurillac doublée de la fermeture des stations d’insémination, fatale aux petits éleveurs. “Beaucoup d’éleveurs qui n’avaient qu’une ou deux juments ont vendu. En parallèle, il s’est acheté pas mal d’étalons par ceux qui en avaient les moyens”, relève le président. “Jusqu’en 2012, les Haras avaient des stations sur Trizac, Allanche, Saint-Flour... et on avait même inauguré celle de Maurs il n’y a pas si longtemps”, retrace Roger Condamine, qui a conservé, pour le plaisir, pas moins de six poulinières, deux pouliches et un étalon, des bretons, qu’il continue chaque jour de bichonner.
Depuis trois ans, des vétérinaires - regroupés dans la Remonte de Trizac - ont relancé l’activité d’étalonnage avec le prélèvement et la mise à disposition de doses dans le Nord-Cantal mais aussi sur Aurillac et au-delà. Reste qu’avec un prix moyen du poulain aux alentours de 500-600 €, et un coût de l’insémination, du puçage et de l’échographie - autour de 200 € - la rentabilité de la production reste ténue.

La baisse de l’offre pourrait tenir les cours
Mais Roger Condamine préfère néanmoins voir l’abreuvoir à moitié plein : “Je pense que le marché du poulain va repartir, il va forcément en manquer à un moment donné. Déjà l’an dernier, c’était un peu mieux avec des poulains gras entre 12 et 13 F (2,3-2,5 €) et des maigres à 9-10 F (1,7-1,9 €). Et puis l’Italie est toujours demandeuse...” Une tendance que confirment les données de FranceAgriMer et Roland Privat, de la SARL éponyme, négociant en bestiaux à Rieupéroux (Aveyron) : “Nous fournissons tous les 15 jours une trentaine de poulains gras (âgés de 8 mois à un an), des comtois et bretons, pour notre client italien, un engraisseur de la plaine du Po, qui abat et commercialise la viande chevaline auprès de bouchers locaux. La demande italienne est toujours bien présente. L’an dernier, on a même vendu davantage de poulains et actuellement, la tendance est bonne pour les volumes comme pour les cours qui devraient se tenir par rapport à ceux de la saison dernière même s’il faut attendre que les premières foire aient lieu.” Et pour l’exportateur aveyronnais, le Cantal reste le bassin le plus actif devant la Haute-Loire, et le Sud de la France. “On travaille aussi un peu avec la Normandie, les Ardennes...”, explique-t-il.
Ce dernier ne rate pas une foire de Maurs et est également un habitué de celle de Riom-ès-Montagnes. Des foires qui permettent à ses yeux de conserver le dynamisme de la production équine cantalienne. Une production qui a vu la dernière refonte de la Pac lui donner un coup de pouce avec la mesure dédiée aux races menacées (aide de 200 €).


Patricia Olivieri

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
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