Des réponses sur les charges qui en appellent d’autres sur les prix

Plus de 150 éleveurs cantaliens, accompagnés de huit tracteurs, ont rejoint jeudi matin la place de la Nation. Plus de 150 éleveurs cantaliens, accompagnés de huit tracteurs, ont rejoint jeudi matin la place de la Nation.

Manif’ du 3 septembre : La mobilisation exceptionnelle des agriculteurs à Paris jeudi a abouti à l’annonce d’un nouveau plan d’allègement des charges.

Mobilisés depuis le début de l’été pour dénoncer la crise sans précédent à laquelle ils font face, les agriculteurs de la FNSEA et des JA se sont réunis à Paris le 3 septembre pour une démonstration de force vis-à-vis des pouvoirs publics. Deux délégations se sont rendues à l’Assemblée nationale et à Matignon, obtenant notamment un renforcement du plan de soutien à l’élevage et des engagements sur l’empilement des normes. Avec une mobilisation supérieure aux attentes - plus de 1 700 tracteurs place de la Nation au lieu des 1 000 annoncés - les agriculteurs qui se sont rendus au Palais Bourbon et à Matignon sont partis confiants présenter leurs revendications. Il ne s’agissait pas de demander à nouveaux des aides mais d’inciter le gouvernement à prendre les mesures conjoncturelles et structurelles nécessaires pour permettre à l’agriculture française de rester compétitive face à ses voisins européens.

Aux députés : “Soyez à nos côtés”
Devant la centaine d’agriculteurs présents devant l’Assemblée nationale, le président de la FNSEA Xavier Beulin a rappelé la nécessité d’avoir des députés “davantage à nos côtés sur les territoires”. “Que fait-on à l’Assemblée nationale depuis trop longtemps ? On légifère, on contraint, on nous appuie sur la tête !”, a-t-il souligné. Pour la FNSEA et les JA, des lois sont nécessaires par exemple en matière de simplification ou pour permettre aux agriculteurs de se regrouper pour construire des bâtiments. Une soixantaine de députés étaient présents à l’extérieur (une trentaine de Républicains, une vingtaine de socialistes et quelques députés d’EELV) pour afficher leur soutien et dialoguer avec les agriculteurs. La délégation agricole est venue rencontrer le président de l’Assemblée pour demander “qu’avant toute nouvelle norme, il y ait une estimation en matière de coût social, et une approche au niveau de la faisabilité dans la pratique de notre métier”. Le message a visiblement été entendu par Claude Bartolone qui s’est engagé, à faire pression au niveau législatif pour éviter l’excès de normes.

Prise en charge des cotisations sociales
Une délégation s’est ensuite rendue à Matignon où les agriculteurs ont discuté pendant près de deux heures avec le Premier ministre, en présence de Stéphane Le Foll. “Je veux dire au monde paysan que la France ne lâchera pas ses agriculteurs. Désespoir, humiliation, colère, nous les entendons. Nous y répondons. C’était l’objectif du plan de soutien de juillet. C’est l’objectif des mesures complémentaires que nous venons de prendre”, a annoncé à l’issue de la rencontre Manuel Valls. Ce dernier n’a pas ménagé l’emphase pour qualifier son soutien aux agriculteurs, leur adressant “un message d’amour, un message très fort et sincère : vous avez le soutien de toute la Nation”. Un soutien qui entend se traduire via l’augmentation des crédits d’urgence annoncés en juillet : les prises en charge des intérêts d’emprunt atteignent à présent 100 millions d’euros pour 2015, et les prises en charges des cotisations sociales 50 M€. Pour permettre la restructuration de la dette des éleveurs, une année blanche (report total des annuités de 2015) a été annoncée, et le Fonds d’allègement des charges (Fac) seraaugmenté. La cotisation minimum maladie sera alignée sur le régime des indépendants, soit “dès cette année, une baisse de près de 500 €”. Un chantier sera par ailleurs ouvert pour que la fiscalité agricole prenne mieux en compte la volatilité des prix agricoles. 
Au-delà de ces mesures d’urgence, le gouvernement prévoit de faire passer les soutiens publics à l’investissement à 350 M€ par an pendant trois ans, en partie via les Régions qui gèrent à présent le deuxième pilier de la Pac. “Chaque année, un milliard d’euros permettra de soutenir l’investissement dans les exploitations”, a précisé Manuel Valls, qui n’a pas manqué de souligner que “ce sont donc au total trois milliards d’euros en trois ans qui pourront être investis dans l’agriculture et l’élevage français”. Si le moratoire d’un an sur les normes, demandé par la FNSEA et les JA, n’a pas été obtenu, le gouvernement a cependant promis une pause sur les normes et que d’ici février, “aucune mesure nationale allant au-delà des obligations européennes ne sera prise”.
Reste bien évidemment la question des prix. Sur ce volet crucial, la FNSEA et les JA comptent beaucoup sur le conseil des ministres extraordinaire de l’Agriculture du 7 septembre pour prendre des décisions en ce sens : le relèvement des seuils d’intervention dans le secteur laitier, des mesures en faveur de l’exportation pour le secteur bovin et l’assouplissement de l’embargo russe, notamment pour le porc. Et les agriculteurs ne comprennent pas que le gouvernement ait réglé l’affaire du Mistral avec les autorités russes, et que les autorités publiques, y compris la Commission européenne, restent “autistes” aux revendications des agriculteurs, premières victimes de l’embargo russe.


Thierry Michel

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