GVA : du collectif précieux pour lever la tête du guidon

Des visites d’essais toujours prisées des agriculteurs : l’occasion de tester de nouvelles variétés mais aussi d’échanger sur des pratiques. Des visites d’essais toujours prisées des agriculteurs : l’occasion de tester de nouvelles variétés mais aussi d’échanger sur des pratiques.

Groupes d’agriculteurs : La profession cantalienne peut s’enorgueillir d’avoir maintenu pas moins de 14 groupements de développement agricole pourvoyeurs de techniques mais aussi de lien social.

À l’aube de voir une majorité d’organisations agricoles suivre à marche forcée le mouvement de supra-régionalisation avec d’ici quelques semaines, une seule chambre régionale d’agriculture, une seule Safer Rhône-Alpes Auvergne, une seule grande FRCuma..., la FDGeda du Cantal fait un peu figure d’irréductible gauloise avec ses 14 groupements de vulgarisation agricole (GVA). Créés dans les années 1960, à l’époque où les pouvoirs publics ont confié à la profession le soin d’orchestrer le développement agricole sur le territoire, un demi-siècle plus tard, ces groupements de vulgarisation, développement, ou encore promotion (GVA, GDA ou GPA) font de la saine résistance et prouvent la pertinence d’un tissu de proximité pour conduire réflexions et projets collectifs.
“Le maintien de ces 14 GDA qui couvrent l’ensemble du territoire cantalien découle d’une volonté politique forte, affirme Jean-Yves Jouve, nouveau président de la FDGeda 15. Pour nous, c’est le bon moyen de continuer à accompagner collectivement les agriculteurs sur le terrain.” Un maillage unique en son genre en Auvergne et qui pourrait bien servir d’exemple aux voisins altiligériens aujourd’hui orphelins de structures collectives locales pour développer des projets. Bien sûr, reconnaît Jean-Yves Jouve, ce réseau de GVA a un coût “mais ça fonctionne !” Pour preuve, en 2014, ces 14 GVA comptaient pas moins de 1 539 adhérents, soit une exploitation cantalienne dite professionnelle) sur trois. Un effectif certes en diminution, mais qui régresse moins vite (- 1 % par an) que celui du nombre d’agriculteurs.

Rallyes et champs d’essai
Comment analyser ce succès ? Par la multiplicité de thématiques abordées mais pas seulement. Ces dernières années, l’accent a été mis sur l’engraissement en production bovins viande et sur l’autonomie fourragère, deux enjeux de la ferme Cantal et deux priorités du mandat de la Chambre d’agriculture pour qui le réseau des GVA constitue un relais de diffusion important. L’inverse est aussi vrai avec des GVA qui peuvent servir de baromètres ou d’indicateurs, comme ils l’ont fait récemment sur les pertes dues à la sécheresse. “Le reste des actions émanent des choix des conseils d’administration de chaque GVA sachant que nous travaillons au sein de la FDGeda à de grandes orientations que chaque groupe décline à sa manière”, précise Jean-Yves Jouve qui met aussi en avant le statut associatif et asyndical des GVA où l’on retrouve d’ailleurs des agriculteurs, agricultrices aux horizons, productions, systèmes variés.
L’an dernier, ce sont pas moins de 76 actions qui ont été conduites sur le terrain autour de huit thématiques et sous des formes diverses. Beaucoup ont visé à donner des clés aux adhérents pour gagner en autonomie fourragère et alimentaire en faisant face aux aléas sécheresse et rats notamment. Plusieurs champs d’essais (collections fourragères, céréales de montagne...) sont implantés et suivis à cette fin dans différents secteurs. “Compte tenu de la forte hétérogénéité du territoire, on nous demande aussi de fournir aux agriculteurs des références locales. Sur le volet animal, ce n’est pas possible de mettre en place des protocoles, mais sur le végétal, nos différents champs d’essai apportent des résultats en termes quantitatifs mais aussi en termes d’expérimentation sur des variétés, des cultures jusqu’alors peu pratiquées...” analyse David Lamat, animateur de la FDGeda, qui évoque le regain d’intérêt pour les méteils, mohas et autres lupins.

L’innovation près de chez soi
Mais si visites de parcelles, rallye bâtiments... sont des centres d’attraction premiers des adhérents, les GVA apportent, au-delà de la technique, une ouverture avec comme leitmotiv : “à plusieurs on est plus forts”. “Il ne s’agit pas forcément d’avoir des projets démesurés en commun mais d’échanger, de prendre du recul, de sortir la tête du guidon, de s’échapper une journée de la morosité ambiante en allant voir d’autres expériences...”, poursuit le conseiller agricole. Les GVA constituent ainsi un vecteur fort de lien social avec des rencontres, voyages d’études (Italie, Charentes, Vercors, coop. de Laguiole, marché au cadran de Mauriac,... au menu cette année), repas... À la clé, pas de retombées immédiates quantifiables sur l’exploitation mais un enrichissement personnel et un moyen de faire reculer l’isolement prégnant dans les campagnes. Et il n’est pas besoin de traverser l’Hexagone pour puiser de bonnes idées : “On se rend compte qu’il y a beaucoup de gens qui essaient des choses sur leur exploitation”, commente Jean-Yves Jouve. Des exploitations innovantes ou du moins en mouvement qui servent de support à des portes ouvertes entre voisins de GVA. “On ne réinvente pas le monde mais on essaie de faire progresser chacun”, résume David Lamat.
Autre axe de travail que la fédération départementale souhaite davantage développer : la communication sur le métier, déjà effective à travers des fermes ouvertes aux touristes, des jeux à la ferme... Lors de sa prochaine assemblée générale, la FDGeda devrait ainsi soumettre l’idée d’actions de communication plus positives autour de l’agriculture et de ce qu’elle apporte à la société. “On veut aussi sortir de l’agricolo-agricole, travailler avec d’autres partenaires, notamment les communautés de communes pour un développement cohérent”, précise Jean-Yves Jouve. Reste un enjeu, majeur, pour les GVA, comme pour l’ensemble des organisations agricoles cantaliennes : toucher les jeunes, un public présent lors des journées techniques mais moins mobilisés au sein des conseils des GVA.


Patricia Olivieri

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
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