Enjeux sociétaux : L’élevage bovin allaitant, un modèle agroécologique vertueux pour le climat

Les diffférents acteurs se sont engagés à poursuivre leur dialogue “sans tabou, constructif”. Les diffférents acteurs se sont engagés à poursuivre leur dialogue “sans tabou, constructif”. L'union du Cantal

Depuis quatre ans, Interbev et ONG environnementales échangent sur les liens élevage-climat. Une concertation qui s’est traduite mercredi sur le terrain en présence du ministre.

Cinquante-cinq vaches allaitantes salers, 62 hectares de prairies naturelles, de l’herbe qui constitue 95 % de l’alimentation du troupeau. “Mon exploitation n’a rien d’exceptionnel, elle est représentative de la moyenne des exploitations en viande bovine françaises par sa taille et la part de l’alimentation produite sur place”, affiche Bruno Dufayet, aujourd’hui président de la FNB. Et pourtant, c’est bien ce modèle d’élevage allaitant, autonome en fourrages et valorisant ses ressources éco-systémiques, que sont venus promouvoir sur l’exploitation mauriacoise, le ministre de l’Agriculture(1), pour son dernier déplacement sur le terrain à 32 jours de la fin de son mandat, et Jean-Claude Bévillard, administrateur à France Nature Environnement (FNE). Une des quatre ONG(2) environnementales avec lesquelles l’interprofession Interbev a engagé voilà quatre ans une démarche de concertation. Du jamais vu.

Dépasser les a priori
“Plutôt que de s’invectiver pas médias interposés, on a fait le choix d’un dialogue sans tabou, constructif, avec des associations réformistes, sur la base d’un état des lieux partagé, a indiqué Bruno Dufayet, représentant d’Interbev dans ce projet. Et finalement, ce qui m’a le plus frappé, c’est que notre modèle d’élevage français, durable, à taille humaine, n’était pas si mal que ça. Ça m’a personnellement aussi ouvert les yeux sur le fait que le changement climatique n’est pas si virtuel que ça et que l’agriculture peut en être une des premières victimes. Depuis mon installation en 1996, j’ai connu 7-8 sécheresses...”
“Les relations entre mondes agricole et environnemental ont souvent été houleuses, a convenu Jean-Claude Bévillard. Mais pour nous, c’est très important de montrer sur le terrain, que le projet agroécologique est possible, viable. L’exemple le plus concret, c’est l’élevage allaitant. Ici, on est un peu sur le dessus du panier mais je pense que beaucoup de fermes sont déjà engagées.” Et si au terme de ces quatre années d’échanges respectueux, des points de divergence(3) demeurent, pour la FNE, “cet élevage lié au sol, autonome, avec en plus un impact positif sur l’environnement, doit être soutenu par les politiques publiques et il faut permettre aux éleveurs de tenir, en améliorant la valeur ajoutée de leurs produits et leurs revenus. Nous sommes pour une agriculture respectueuse de l’environnement mais une agriculture qui produit de l’alimentation et pas que du paysage...”

L’élevage, une solution
Des propos qui ont résonné mélodieusement à l’oreille des éleveurs présents, par ces temps d’attaques permanentes à leur encontre. Stéphane Le Foll n’a pas dit autre chose, estimant que performances environnementales et économiques sont pleinement compatibles : “Gérer et optimiser le potentiel qui vous est donné, c’est une stratégie qu’il faut développer, partout. Avant la Cop21, la question, c’était de réduire les sources d’émissions de gaz à effet de serre, notamment agricoles, en diminuant le troupeau global, a rappelé le ministre. L’élevage émet mais c’est aussi un élément de stockage via les prairies. Grâce au travail conduit avec Interbev et les ONG, et une approche globale de l’impact climatique de l’élevage, on est arrivé à la Cop en montrant que l’agriculture peut être une solution.”
Et Stéphane Le Foll de lister les démarches en cours au sein de la filière en lait comme en viande : Beef carbon, Dairy carbon, ou encore le projet 4 pour 1 000 primé par la Cop. Mais pas question pour le porteparole du gouvernement de s’arrêter en si bon chemin : il a plaidé pour introduire par exemple des légumineuses et du lin dans les rotations, cultures qui contribuent à réduire les émissions de GES du troupeau et confèrent à la viande des atouts santé via leur apport en acides gras insaturés. S’il est frappé, comme d’autres, de la coupable absence des enjeux agricoles dans les débats électoraux actuels, “parce que les politiques sont restés sur des schémas anciens”, Stéphane Le Foll reste persuadé que les progrès à venir, via l’agroécologie et la transposition des pratiques vertueuses des fermes Dephy, “vont être très importants” dans un proche avenir. 


P. Olivieri

(1) Accompagné du préfet, de la sous-préfète de Mauriac, du DDT, du sénateur Delcros et de responsables de la profession.
(2) Avec WWF, Green Cross et la fondation Nicolas Hulot.
(3) Notamment sur la réduction de la consommation de viande.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
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