Un plan d’éradication de la BVD

Dépister les IPI à la naissance, la mesure jugée la plus efficace. Dépister les IPI à la naissance, la mesure jugée la plus efficace. L'union du Cantal

Le Groupement de défense sanitaire va décliner dès la mi-septembre le plan national d’éradication de la diarrhée virale bovine, une maladie redoutée des éleveurs cantaliens.

“La BVD, soit on l’a eue, soit on l’a, soit on l’aura.” Pour Frédéric Aymar, directeur adjoint du GDS du Cantal, la diarrhée virale bovine est une véritable épée de Damoclès qui menace chaque élevage cantalien. Et quand elle sévit, elle peut très vite déstabiliser l’économie d’une exploitation. “C’est une maladie qui fait de gros dégâts cliniques dans les cheptels français, et cantaliens en particulier”, poursuit Frédéric Aymar. Avec des pertes directes fréquemment autour de 20 000 €/an et qui peuvent aller jusqu’à 60 000 €, a-t-il pu constater. De quoi justifier la déclinaison rapide du plan d’éradication acté par le ministère de l’Agriculture et qui devrait faire l’objet d’un prochain arrêté ministériel. Ce plan, qui sera présenté mardi 24 avril lors de l’assemblée générale du GDS Cantal à Parlan, vise un objectif : quatre ans après sa mise en œuvre (2022), seuls les animaux certifiés non IPI pourront circuler, sur le marché, pour la vente, des foires, concours, la mise en estive. Avec comme mot d’ordre, la chasse aux IPI, seule façon de lutter efficacement contre la dissémination du virus. 
La chasse aux IPI
Les IPI (“infectés persistants immunotolérants”), considérés comme des “bombes à virus”, sont des individus contaminés in utero entre le deuxième et le cinquième mois de gestation, qui vont rester contaminants, et ce fortement, à vie, avant de succomber à la maladie, le plus souvent avant l’âge de deux ans suite à un épisode de diarrhée sanguinolente. “On estime chaque année entre 1 et 1,5 % l’incidence des nouveaux cas d’IPI”, indique Frédéric Aymar. Ramené aux 230 000 naissances bovines dans le Cantal, on perçoit vite l’ampleur du problème. Depuis  2009, le GDS 15 assure une surveillance sérologique des troupeaux sur le lait de tous ses adhérents et par analyse des échantillons sanguins des bovins allaitants âgés de 2 et 3 ans. 
“Ça permet de voir s’il y a eu une circulation récente du virus, expose le directeur adjoint. Si on en suspecte une, on fait une recherche virologique chez les jeunes à la recherche d’IPI. Si c’est positif, on propose alors un plan d’assainissement.” Ce dernier consiste à dépister tous les animaux à risque du troupeau (les jeunes), à éliminer les IPI et à vacciner. 
Dépistage systématique des veaux naissants
Un protocole cependant insuffisant : “On arrive à un équilibre du niveau sérologique mais pas à une baisse dans le Cantal. En fait, on assainit un cheptel, mais le lendemain, c’est un autre qui est touché, le jour d’après un troisième et ainsi de suite”, analyse le responsable du groupement de défense sanitaire. Le conseil d’administration du GDS a donc choisi de prendre le mal à la racine en optant pour la mesure la plus rapide et efficace  proposée par le plan d’éradication national : le dépistage systématique de tous les veaux naissants par la méthode de la boucle préleveuse (TST) pendant quatre-cinq ans. “Au moment de l’identification de l’animal, un morceau de cartilage auriculaire est prélevé, envoyé pour analyse au laboratoire. Quelques jours après, on sait si l’animal est négatif ou pas. S’il est positif, on met en œuvre un plan d’assainissement.” Cette méthode, mise en œuvre avec succès en Suisse, Allemagne, Belgique, Irlande, a été préférée à l’autre option permise par le ministère : à savoir le suivi des résultats sérologiques(1) “qui aurait nécessité 2 à 2,5 fois plus de temps pour parvenir à l’objectif d’éradication”. Et pour ne pas perdre une année, le GDS a décidé d’appliquer ce dispositif dès le 15 septembre 2018. À cette date, les éleveurs recevront des boucles de prélèvement pour toute nouvelle naissance.Ce protocole obligatoire va se traduire par une cotisation spécifique au GDS correspondant au coût de la boucle de prélèvement, à l’envoi du matériel prélevé au laboratoire et au financement des aides aux éleveurs touchés pour l’élimination des IPI (120 €/IPI trouvé). L’agriculteur devant s’acquitter du coût de l’analyse directement auprès du laboratoire qui sera retenu. “Certes, cela va générer un surcoût immédiat pour chaque éleveur et collectivement ; mais le temps de retour sur investissement sera rapide”, assure Francis Baraillé, directeur du GDS. Les GDS du Grand Est, qui ont déployé cette méthode il y a plusieurs années déjà, ont en effet démontré que le coût du dépistage systématique à l’échelle d’un département décroît rapidement, tout comme le coût de la maladie elle-même, au fur et à mesure de  l’élimination des IPI.
P. Olivieri
(1) En cas de résultat sérologique positif, chaque veau naissant de l’élevage fait l’objet d’un test par boucle TST. Seul un quart des éleveurs du Cantal éviteraient cette seconde étape, selon les estimations du GDS.


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