Un verdissement illusoire...

Et “encore, on n’est pas les plus malheureux”, a confié Vanessa Vignes au représentant de l’État. Et “encore, on n’est pas les plus malheureux”, a confié Vanessa Vignes au représentant de l’État. L'union du Cantal

Le sous-préfet d’Aurillac a pu mesurer la forte inquiétude des éleveurs confrontés à une sécheresse automnale inédite au Gaec de Silhol, à Vezels-Roussy.

À quelques mètres de la stabulation où les vaches vêlées ont déjà été rentrées, la vue sur la table basaltique de Ronesque est imprenable sous un ciel chahuté d’automne. Mais derrière ce paysage digne d’une toile de Jean Lacalmontie, c’est l’inquiétude qui prévaut chez Vanessa Vignes, associée depuis 2012 avec ses parents Sylvie et Jean-Pierre. Depuis le 4 août, les 100 mères salers conduites en croisement charolais, troupeau au milieu duquel s’immiscent quelques robes de limousines, sont affourragées au pré - à raison désormais de deux bottes et demi quotidiennes. Et malgré les stocks corrects d’enrubannage de l’année, la famille sait que sans achat, impossible de faire le joint jusqu’au printemps prochain. Sauf à se séparer de certains animaux. Quelle que soit l’option, la trésorerie de l’exploitation va en pâtir. 
“On n’est pas les plus malheureux, il y a bien pire ailleurs dans le département”, tient cependant à relativiser Vanessa, qui accueillait mercredi sur l’exploitation de Vezels-Roussy le sous-préfet d’Aurillac, Charbel Aboud et le directeur adjoint de la DDT, à l’initiative de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. Une rencontre qui a permis d’initier le représentant de l’État aux caractéristiques de l’élevage herbager cantalien et aux préoccupations de cet automne atypique. 

Sources taries

Les 25 mm tombés dimanche ? Les Vignes, comme leurs voisins, ne se font guère d’illusion, tout au plus suffiront-ils à reverdir les prés. “On a semé comme d’autres des graines fourragères mais rien n’est sorti, on ne sait pas ce que ça va donner”,  ajoute, perplexe, Sylvie. Et au Gaec de Silhol, on a déjà constaté que les vaches les plus sensibles ont perdu en état corporel. “Il va falloir apporter des vitamines ; quand on les voit gratter la terre, c’est un signe”, indique Vanessa.
Ce que redoutent aussi les associés, c’est le tarissement complet des sources - déjà effectif pour certaines - qui servent à l’abreuvement du troupeau. Une inquiétude partagée par le maire qui voit lui aussi baisser chaque jour les réserves destinées à  alimenter en eau potable ses concitoyens. “Ce qu’on craint, s’il ne pleut pas, c’est le moment où les éleveurs vont rentrer les animaux et donc solliciter le réseau public”, confie Jean-Luc Tourlan. 
Du côté des syndicats, les propos de Stéphane Travert au Sommet de l’élevage ont du mal à passer : “Quand on entend le ministre nous dire que dans le Cantal, il n’y a pas de difficultés, ça choque !”, s’indigne Joël Piganiol (FDSEA), pour qui le modèle d’analyse des données satellites a encore fait des siennes aux détriments du territoire cantalien. “Effectivement, vous n’êtes pas considérés comme prioritaires au regard des autres départements en crise dès à présent”, avance le DDT adjoint, avant que Charbel Aboud s’empresse d’ajouter : “Il n’y a aucun déni de vos difficultés. On sera à vos côtés pour vous soutenir.”

Des propos de... Travert

Pas de quoi rassurer les éleveurs présents ni leurs représentants. Le président de la FDSEA met en garde contre une gestion purement financière des demandes au titre du fonds des calamités : “Vu le nombre de dossiers qui vont remonter au niveau national, on sait que ça ne va pas suffire d’autant que le fonds calamités a été ponctionné il y a deux ans. On sait que le ministère va chercher à éliminer des dossiers pour entrer dans le cadre budgétaire. Ce qui n’est pas acceptable. Il faut donc chercher et trouver d’autres outils de financement.” Qui pour, FDSEA et JA, passent entre autres par une exonération collective de la taxe sur le foncier non bâti, des reports d’annuités, notamment pour les récents investisseurs...
De quoi en tout cas soutenir des trésoreries mises à mal par des achats de fourrages “qu’il va encore falloir aller chercher en Espagne”. “Eux ont anticipé depuis longtemps ces situations avec du stockage d’eau, des retenues collinaires, un principe qui pose encore problème en France”, regrette Joël Piganiol, non sans évoquer l’inflation parallèle du coût du GNR (1,08 €/l...), des céréales et autres tourteaux, inflation qui annihile le léger mieux sur le prix du lait et des broutards(1). Quant à la viande finie, Nicolas Bardy - élu de la Chambre d’agriculture - alerte sur des sorties anticipées d’animaux qui “vont forcément impacter un marché de la viande déjà défavorablement orienté”.    
P. Olivieri
(1) Le Gaec a vendu une trentaine de broutards à 2,44 €/kg en moyenne pour les mâles croisés.

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
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