Ici sont évalués les meilleurs sujets de la race
Demandez-lui lequel des 40 veaux qu’il soigne depuis six mois est à ses yeux le plus prometteur, il répond, diplomate et souriant : “Tous !”, même si on devine que l’un deux a bien sa préférence. Agriculteur à Tougouze de Saint-Bonnet-de Salers, Daniel Cambon assure, depuis la mise en service de la station d’évaluation salers du Domaine du Fau, le suivi quotidien des jeunes taureaux mis en pension et testage. “Je voulais m’agrandir mais j’ai préféré faire ça plutôt que de m’endetter, vu le prix du foncier”, déclare-t-il. Après avoir trait son troupeau laitier et soigné ses propres allaitantes, salers évidemment, il débute son second métier, chaque matin vers 8 heures, et ce, sept jours sur sept, du mois d’août au mois d’avril. Au-delà des soins classiques, l’éleveur a également la charge des pesées mensuelles de veaux, la mesure de leur mensuration et diverses prestations de service dont la fenaison des parcelles du domaine. Une double vie qui demande une sacrée organisation : “On y arrive, mais parfois c’est sportif”, reconnaît D. Cambon qui insiste surtout sur sa responsabilité vis-à-vis des éleveurs confiant leurs veaux à la station. Une bande au-dessus du lot Responsabilité mais aussi attachement à de futurs reproducteurs de qualité qui s’apprêtent à quitter dans quelques jours la station à l’issue de la vente de cette première bande de veaux le 10 février. Une bande qui a tapé dans l’œil du soigneur mais aussi de Stéphane Garel, ingénieur chargé du schéma de sélection de la race. Premier atout selon eux des 40 veaux mis en évaluation (dont sept en pension) en août 2009 et nés entre septembre et décembre de l’année précédente : pour 70 % d’entre eux, ils sont issus de vaches qualifiées mères à taureaux (Ivmat moyen : 106). “Ces veaux ont aussi exprimé un très bon potentiel de croissance avec un gain moyen quotidien (GMQ) de 1,373 kg de gain réalisé en station et ce, avec une alimentation majoritairement à base de foin”, souligne S. Garel qui parle d’individus “excellents”. Issus du Cantal, Puy-de-Dôme, Corrèze mais aussi de l’Orne, l’Aisne, la Nièvre et la Sarthe, ces veaux, dont 25 seront proposés à la vente le 10 février, apportent aussi à leurs futurs acquéreurs (qui devront cette année payer sur place le jour même) l’avantage de pouvoir être mis à la reproduction dès ce printemps. D’où l’intérêt de l’instauration depuis l’an dernier de deux bandes, dont la première permet d’associer au schéma collectif de la race des éleveurs qui désaisonnent de plus en plus leurs vêlages. Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
Publié le par Patricia Olivieri
|